Alors, la sombre fatalité se dessinera devant mes yeux figés par la terreur, et le parfum âcre de la mort enivrera mon être. Approchant inéluctablement ,au rythme de mon souffle appeuré, un sourire macabre se délinéamentera sur ses lèvres empoisonées, et déposera sur mon front en sueur le baiser de la mort
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.
Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.
Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.
Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur
Louise LABE
